Fiche biographique. Ami et compagnon de détention de Lievin François van der Straeten.
Repères
- Naissance : Audenarde, 29 décembre 1750.
- Décès : Audenarde, 19 février 1832.[1]
- Parents : Jean Raepsaet, avocat au Conseil de Flandre et greffier de la Châtellenie d'Audenarde.
- Épouse : Marie-Ursule Bauwens, fille de Jean-Baptiste Bauwens, conseiller du roi et receveur général héréditaire de la haute et basse Châtellenie d'Audenarde.
Carrière sous l'Ancien Régime
Raepsaet hérite par résignation paternelle de la charge de greffier de la Châtellenie d'Audenarde dès 1773, à 23 ans (dispense d'âge accordée par le gouvernement). En 1778, par résignation de son beau-père, il obtient la charge de secrétaire du chef-collège des chefs-tuteurs de la ville et châtellenie d'Audenarde, qu'il conservera jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.
Co-auteur du Manifeste de Flandre (1787), député aux États généraux (1787 et 1790).
Le lien avec Lievin François van der Straeten
Le lien entre les deux hommes est professionnel et institutionnel. Raepsaet est greffier de la Châtellenie d'Audenarde ; LF en est le receveur. L'épouse de Raepsaet, Marie-Ursule Bauwens, est fille du receveur général héréditaire de la même châtellenie. Les deux familles gravitent donc autour de la même institution.
Les deux hommes partagent un profil comparable : fonctionnaires de l'Ancien Régime, enracinés dans l'administration locale, bilingues, hostiles aux excès révolutionnaires sans être des réactionnaires.
Révolution et détention
En 1794, Raepsaet est envoyé par la châtellenie en Zélande (Goes) pour mettre en sûreté la caisse et les archives. Il y demeure neuf mois avec toute sa famille, voit ses biens saisis et vendus, et ne rentre à Audenarde que lorsque l'annexion française paraît définitive. Les fonds qu'il rapporte sont confisqués.
Son hostilité au Directoire le rend suspect. Après l'explosion de la Boerenkrijg, il est emprisonné le 11 janvier 1799 à Sainte-Pélagie (la prison dont LF décrit les conditions difficiles dans ses lettres), puis transféré au Temple. Il est inscrit sur la liste des déportables à Cayenne. Cette menace est levée par le coup du 30 prairial (18 juin 1799). Il est libéré le 20 mai 1799, soit six jours après LF (libéré le 14 mai).
Carrière post-révolutionnaire
Député au Corps législatif à Paris (1803-1813). Membre de l'Académie royale de Bruxelles.
Famille : sa sœur épousa l'historien J.-J. Gérard, premier secrétaire de l'Académie royale de Belgique. Une de ses filles épousa G. Ketele, bourgmestre d'Audenarde. Fils Charles : avocat ; fils Richard : chanoine. Seize enfants, cinquante ans de service.
Épitaphe
Son épitaphe le désigne comme "dernier greffier de la haute et basse châtellenie d'Audenarde" et "dernier secrétaire du chef-collège des chefs-tuteurs de la ville et châtellenie d'Audenarde", titres qui font écho au "dernier greffier de la seigneurie d'Eyne, Heurne et Mullem" que fut Lievin François. Deux "derniers" d'un même monde administratif, disparu avec la Révolution.
L'amitié à la génération suivante
[À développer : lien entre Amand van der Straeten et les fils Raepsaet dans les cercles politiques de la Belgique indépendante.]
Sources
- V. Fris, "Raepsaet (Jean-Joseph)", dans Biographie nationale de Belgique, t. XVIII, col. 561-576.
- E.-N. Cornélissen, notice dans Annuaire de l'Académie royale, 1837, p. 104-133.
- Fichiers : `Famille VDS/Biographies et histoires concernant vds/LievinFr vdS/Raepsaet - Biographie Nationale Tome XVIII (V. Fris).pdf` et `Raepsaet - Notice ARB Cornelissen 1837.pdf`.
[1] L'Annuaire de l'Académie royale (Cornélissen, 1837, p. 132) donne par erreur "15 février" ; l'épitaphe et la Biographie nationale confirment le 19 février.