Génération III

Achille van der Straeten

1843 – 1921
Bourgmestre d'Eyne pendant 47 ans, industriel, conseiller provincial

Biographie, version de travail enrichie. Sources : Westerring 2019 (docx) ; Claeys Boúúaert, In Memoriam Amand 1973 (PDF et docx) ; documents chronologiques ; cartes de dévotion et faire-parts (vds chrono).


Repères chronologiques

Père et fils auront dirigé Eyne sans interruption pendant 90 ans (1830-1921). [Note : le Westerring dit "90 jaar" ; nos précédents fichiers disaient 91 ; correction à répercuter dans l'article du Parchemin.]


Jeunesse et formation (1843-1873)

Trente ans après son père Amand, Achille fréquente la même école : le Collège Royal de Gand (devenu Athénée Royal), à partir de 1857, à l'âge de 16 ans. Il y est logé chez son oncle par alliance Émile de Borchgrave (futur Baron, ambassadeur de Belgique à Vienne).

De 1860 à 1863, il suit les cours de l'École des Arts et Manufactures de l'Université de Gand, formation technique et scientifique, cohérente avec le rôle industriel qu'il sera appelé à jouer.

Dès 1864/1865, il prend en main la filature-tissage que son père vient de fonder avec les frères Vandeputte de Gand. Le Westerring mentionne l'"usine Van de Put" : c'est la firme "L. et A. Vandeputte" (Léon et Auguste Vandeputte, fabricants de toiles, Gand, Coupure rive gauche n° 253). La mauvaise santé d'Amand l'oblige à assumer cette responsabilité dès les premiers mois d'activité.


Bourgmestre d'Eyne (1873-1921)

Achille succède directement à son père le 13 novembre 1873, à 30 ans. Il exercera la fonction pendant 47 ans, jusqu'à sa mort en avril 1921.

Dès son arrivée, il s'inscrit dans une continuité programmatique tout en affirmant un changement de cap politique : contrairement à son père libéral, il choisit résolument le camp catholique, choix déterminant pendant la période de la schoolstrijd (guerre scolaire).

Grandes réalisations :

Le mariage van den Peereboom (1876)

11 janvier 1876 : mariage avec Marie Emma Joanna Xaveria Cornelia van den Peereboom (°Blendecques, France, 1854, †1918), fille de Charles Auguste François van den Peereboom (1817-1896) et Marie-Victorine Macquart de Terline (1821-1886).

La famille van den Peereboom d'Ypres est l'une des grandes familles catholiques de Belgique, comptant parmi ses membres :

Les enfants

Dix enfants en quinze ans de mariage (Westerring). Deux sont particulièrement mentionnés dans le témoignage d'Adilie van der Straeten (source du Westerring) :

Tableau des enfants connus :

PrénomNaissanceDécèsConjoint
Marie-Antoinette18771937
Amand François18781893décédé à 15 ans
Marie-Thérèse18801969Léon Claeys Boúúaert (1879-1971), 1905
Madeleine18851951
Anne-Marie18861965Paul Moens de Hase (1886-1967), 1913
Joseph18881918†Grande Guerre ? (à confirmer)
Pierre18891926Yvonne Moens de Hase (1889-1924), 1913
Agnès18921966célibataire
autres enfants décédés en bas âge

[Liste à compléter avec les actes d'état civil. Westerring mentionne 10 enfants en 15 ans de mariage : les noms de certains enfants décédés en bas âge restent à identifier.]


Le jubilé des 25 ans de bourgmestriat (1899)

Achille van der Straeten est bourgmestre depuis 25 ans le 13 novembre 1898. La commune délibère le 16 janvier 1899 et vote une allocation de 1.000 francs pour organiser le jubilé. Un comité est constitué.

Samedi 29 avril 1899 : annonce par carillon et coups de canon.

Dimanche 30 avril 1899 : fête principale.

À 12h, une procession de cavaliers et de voitures part d'Eyne vers Audenarde chercher le bourgmestre. Retour en cortège triomphal :

Plus de 30 bouquets présentés au bourgmestre, portés par les pompiers en costume neuf qui fermaient le cortège. La traversée du village dura plus d'une heure.

À 16h30 : Te Deum solennel en l'église magnifiquement ornée.

Banquet pour 220 convives à la Werkmanskring. Présences notables : Baron de Borghgraeve (ambassadeur extraordinaire du Roi à la Cour de Vienne), Baron M. de Kerchove d'Exaerde (gouverneur de la province d'Ost-Flandre), sénateurs, membres du parlement, nombreux bourgmestres. Toasts portés par : le gouverneur, Doutreligne (échevin d'Eyne), E.H. Pastoor Wallens, Arthur Verhaegen (Bestendige Deputatie).

Médaille de 1ère classe remise au jubilaire.

Portrait photographique offert par souscription publique : tous les habitants d'Eyne, jusqu'au plus petit, avaient souscrit. La souscription rapporta 600 francs belges de 1899. Un exemplaire réduit fut remis à chaque souscripteur. "In geen enkele woning ontbrak de foto van de burgemeester."


La Grande Guerre (1914-1918)

Achille van der Straeten, âgé de 71 à 75 ans pendant le conflit, subit personnellement les destructions de l'occupation allemande :

La reconstruction d'Eyne, il ne la vit pas.


La commande Schoorman

C'est Achille van der Straeten qui, à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, commanda à Jhr. Robert Schoorman (1856-1935), archiviste à l'État à Gand, une généalogie de la famille. Cette généalogie, jamais publiée, est fondée sur les staten van goed et les schepengriffies des paroisses de Zonnegem, Vlierzele et Wichelen, conservés aux Archives de l'État à Gand. Elle constitue aujourd'hui l'une des sources primaires essentielles de la présente étude pour les générations des XVIIe et XVIIIe siècles.

[Correspondance Achille/Schoorman conservée ? Date exacte de la commande ? Voir dossier Schoorman dans les archives.]


L'entreprise van der Straeten-Vandeputte et la fabrique d'huile de Mullem

Pour un traitement complet, voir les articles dédiés : La filature de lin et d'étoupes van der Straeten-Vandeputte (1856-1921) et L'huilerie van der Straeten : le Bekemolen de Mullem (1794-1986).

Origines : acte de fondation du 25 mai 1864

La société "L. et A. Vandeputte" pour la filature et le tissage du lin est fondée le 25 mai 1864 par acte notarié reçu par Me Jean Joseph Julien Ghesquière, notaire à Gand. Les associés fondateurs sont : M. Léon Vandeputte, M. Auguste Vandeputte (tous deux fabricants de toiles, Gand, Coupure rive gauche n° 253) et M. Amand van der Straeten (bourgmestre d'Eyne). La société est en nom collectif, pour un terme de dix ans à partir du 1er janvier 1865.

La fabrique est implantée à Eyne (et non à Gand). Le siège administratif et la caisse sont établis à Gand, Coupure n° 253. Achille, alors âgé de 20 ans, prend les rênes opérationnelles dès 1864-1865 en raison de la mauvaise santé de son père.

La prorogation de 1874 : 900.000 francs de capital

Le 30 octobre 1874, les cinq associés comparaissent devant Me Ghesquière pour proroger la société après la mort d'Amand (25 novembre 1873). Les parties :

  1. M. Léon Vandeputte (Gand, Coupure n° 253) ;
  2. M. Auguste Vandeputte (Gand, Coupure n° 253) ;
  3. Mme Eulalie Caroline Amelot, veuve de M. Amand van der Straeten (propriétaire, Eyne) ;
  4. Mlle Adilie Marie Isabelle van der Straeten (propriétaire, Eyne) ;
  5. M. Achille van der Straeten, bourgmestre de la commune d'Eyne près d'Audenarde.

La société prend un nouveau terme de dix ans à partir du 1er janvier 1875 (soit jusqu'au 1er janvier 1885), sous la même raison "L. et A. Vandeputte". Le capital total est évalué à 900.000 francs, dont la fabrique sociale d'Eyne (terrains, bâtiments, logements d'ouvriers construits par la société, mécaniques et machines) est comptée pour 150.000 francs. La gestion et la signature sociale appartiennent à MM. Vandeputte et à Achille van der Straeten, qui peuvent agir collectivement ou séparément pour achats, fabrication et ventes. Les livres et la caisse restent tenus par MM. Vandeputte. Chacun des cinq associés conserve le droit de contrôler livres, caisse, fabrique et bâtiments.

L'acte est signé le 30 octobre 1874 par : Léon Vandeputte, Auguste Vandeputte, E. van der Straeten née Amelot, A. van der Straeten (Adilie), A. van der Straeten (Achille), J. Janssens et Verschuere. Enregistré à Gand et à Bruxelles le 4 novembre 1874. Déposé au greffe du tribunal de commerce de Gand le 6 novembre 1874 et au greffe du tribunal de commerce de Bruxelles le 7 novembre 1874. Source : Recueil spécial des actes et documents relatifs aux sociétés, 1874, n° 895, p. 592.

Le bilan de 1874 : 750.000 florins de capital

Distinct de l'acte notarié, un "Duplicata du bilan arrêté le 31 octobre 1874, associés L.N.A. Vandeputte & héritiers A. Vanderstraeten" (archives familiales, FC-068) établit la situation comptable au même moment. Au 31 octobre 1873, le capital social s'élevait à 600.000 florins (environ 120-138 millions d'euros, mars 2026). Trois suppléments de 50.000 florins chacun portent le capital au 31 octobre 1874 à 750.000 florins (environ 150-172 millions d'euros).

Le bénéfice de l'exercice 1874 est de 102.045,11 florins (environ 20-23 millions d'euros), réparti en trois parts égales de 34.015,04 florins (environ 6,8-7,8 millions d'euros chacun) entre Achille van der Straeten fils, A. Vandeputte jeune et L. Vandeputte. Le total du bilan s'établit à 859.618,54 florins (environ 172-197 millions d'euros).

[Note : l'acte de prorogation (30 oct. 1874) évalue le capital total à 900.000 francs, tandis que le bilan (31 oct. 1874) indique 750.000 florins de capital d'apport et 859.618 florins de total bilan. Les deux montants sont cohérents : le bilan mesure l'actif total incluant les bénéfices non distribués, tandis que l'acte notarié retient la valeur de réévaluation des apports.]

Le document est signé par la veuve Eulalie née Amelot, par Achille van der Straeten ("Ac. Vanderstraeten") et par L./N. Vandeputte.

La fabrique d'huile de Mullem (1875)

Distinct de la filature-tissage, un second document — "Duplicata du Bilan arrêté le 15 juin 1875, fabrique d'huile sise à Mullem" — détaille les actifs d'une huilerie exploitée à Mullem. Son total (actif = passif) s'élève à 166.847 florins (environ 33-38 millions d'euros). L'actif comprend notamment la fabrique à moulins (27.365 florins), les équipements de broyage, des stocks d'amandes, d'huiles, de pâtes et de résines. Le document est signé par Achille van der Straeten le 15 juin 1875 et enregistré à Audenaerde le 31 décembre 1875.

Cette huilerie est vraisemblablement liée à la Bekemolen de Mullem : moulin à huile acquis par Lievin François van der Straeten lors de la vente des biens nationaux (an III, 1794-1795) pour 1.001 livres grootten wisselgelt (environ 230.000 €). La propriété était donc dans la famille depuis quatre-vingts ans lorsqu'Achille en rend compte en 1875.

La continuité patrimoniale se prolonge bien au-delà. En 1986, Paul Bauters publie son Het Oostvlaams molenbestand in 1986, inventaire des moulins de Flandre orientale. Il y recense deux moulins à Mullem dont le propriétaire est en 1986 : Achiel van der Straeten, Staatsbaan 1, Mullem (pp. 56 et 120). Ce dernier est Achille van der Straeten (Sosa 8, né 1914), fils de Pierre (Sosa 16, 1889-1926) et petit-fils de notre Achille. Le moulin à eau (Bekemolen) avait cessé de moudre en 1955 et son molenhuis avait été converti en habitation ; il avait été inondé à environ 2 mètres en été 1984. Le moulin à vent, également à l'adresse Staatsbaan 1, n'était plus en état de fonctionner, avait été restauré superficiellement vers 1965 et avait lui aussi été inondé lors d'une violente tempête le 6 juin 1985. La propriété de Mullem était donc restée dans la famille van der Straeten de 1794 à au moins 1986, soit près de deux siècles de continuité patrimoniale sur quatre générations.

Le rachat du 2 janvier 1885

La société "L. et A. Vandeputte" avait été prorogée jusqu'au 1er janvier 1885. Ce jour-là, le contrat expire. La fabrique avec toutes ses dépendances est mise en vente publique l'après-midi du 2 janvier 1885, à 16 heures.

Le Liber Memorialis de la paroisse d'Eyne, cité par Jan ART (Herders en Parochianen bisdom Gent 1830-1914, 1979), consigne l'événement en ces termes :

"Le 2 janvier 1885, journée mémorable. Le contrat entre M. le bourgmestre et M. Van de Putte de Gand (libéral) expire, et la fabrique avec tous ses dépendances se vend publiquement à 4 h de relevée. M. Van der Straeten Achille et sœur l'acquiert au prix énorme de 400.000 F + 20.000 F de frais de vente et d'enregistrement... M. le bourgmestre fait un grand sacrifice pour le bonheur de la paroisse."

Achille et sa sœur Adilie (Adilie Marie Isabelle van der Straeten, 1841-1913) acquièrent ainsi l'ensemble de la fabrique pour 420.000 francs (400.000 F de prix + 20.000 F de frais d'enregistrement, soit environ 12-20 millions d'euros, mars 2026). Le curé qualifie le prix de "prix énorme" et l'achat d'"un grand sacrifice" financier, car Achille devait outbidder de potentiels acquéreurs libéraux lors de la vente aux enchères publiques.

La signification est double : économiquement, la famille van der Straeten devient propriétaire exclusive de la fabrique qu'elle codirigait avec les Vandeputte depuis 1864 ; politiquement et religieusement, la "catholique suprématie" est "définitivement consolidée" à Eyne, selon la formule même du Jan ART. La même année, "fere nemo ex parochianis muneri paschali defuit" : presque aucun paroissien ne manqua la communion pascale.

La fabrique employait déjà une "nombreuse population ouvrière" — confirmé par la fondation en 1895 d'un "cercle ouvrier pour subvenir au bien spirituel de notre nombreuse population ouvrière".

Achille délégué à l'industrie linière (1909)

En 1909, Achille van der Straeten représente l'Union Belge des Filateurs de Lin, Étoupe, Jute et Chanvre au Congrès international des filateurs tenu à Gand. Il y figure sous le nom "Achille Vanderstraeten" en qualité de délégué officiel de l'union. À 66 ans, il est encore actif dans les instances professionnelles de l'industrie textile.

Actionnaire sous l'occupation (1915)

En 1915, la gazette de l'occupation allemande (Beiblatt zum Gesetz- und Verordnungsblatt für die okkupierten Gebiete Belgiens) publie la liste des actionnaires d'une société liée à l'entreprise familiale. Achille van der Straeten y figure comme "M. Achille Van der Straeten, négociant à Eyne, dix parts". À 72 ans, il conserve des participations dans l'entreprise malgré les destructions de la Grande Guerre. La liste mentionne également un second Van der Straeten (ligne 215), à identifier.


La fortune d'Achille : cens, cadastre et Conseil provincial

"De godsdienstige week van Vlaanderen" (1883)

En 1883, le périodique catholique De godsdienstige week van Vlaanderen publie un commentaire piquant au sujet d'Achille van der Straeten. Le texte mentionne "den zoon van den heer Achiel Van der Straeten, burgemeester en provinciaal raadslid" et observe, avec une ironie transparente, que sa fortune le qualifie amplement pour siéger au Sénat au titre du cens électoral. En 1883, Achille a quarante ans, dix ans de bourgmestriat et cumule déjà le mandat de conseiller provincial.

La Guerre des Écoles et le leerwerkhuis d'Eyne (1880)

L'Enquête scolaire parlementaire (14 octobre 1880)

En 1879, le gouvernement libéral de Frère-Orban impose la "loi scolaire" (loi Van Humbeeck), exigeant notamment que les apprentis des ateliers de formation reçoivent leur enseignement primaire à l'école communale laïque. Les catholiques belges surnomment cette loi la loi de malheur. C'est dans ce contexte que le Parlement belge ouvre une Commission d'enquête scolaire en 1880-1881, dont une sous-commission se réunit le 14 octobre 1880 au local de la justice de paix du canton d'Audenarde, en audience publique.

Achille van der Straeten comparaît comme 14e témoin. Le procès-verbal, publié dans l'Enquête scolaire (volume 1, 1881, pp. 929-930), enregistre :

Van der Straeten, Achiel, 37 jaar, industrieel en burgemeester te Eine, legt den eed af en verklaart : / Van der Straeten, Achille, 37 ans, industriel et bourgmestre à Eyne, prête serment et déclare :

Il déclare n'avoir chargé personne de parler en son nom à P. De Vuyst. Il confirme ensuite que, à sa connaissance, les élèves de l'atelier d'apprentissage d'Eyne ("het Einsche leerwerkhuis") sont obligés d'aller à l'école communale sous peine de perdre leur ouvrage, et que le règlement de l'atelier ordonne cette obligation. Il ajoute qu'il croit qu'autrefois les élèves du leerwerkhuis n'en étaient pas exclus parce qu'ils n'allaient pas à l'école communale. Sur interpellation, il déclare n'avoir pas connaissance d'un cas où un élève aurait été refusé, avant la loi de 1879, de recevoir l'enseignement primaire de l'instituteur communal. Son témoignage se conclut par sa signature : A. Van der Straeten.

Le leerwerkhuis et la fabrique : 200 élèves

Le 16e témoin, Van den Berghe, Jacques, 60 ans, administrateur de l'atelier d'apprentissage à Eyne, apporte un éclairage décisif sur l'ampleur de l'institution (p. 931) :

"L'école d'apprentissage avait rendu énormément de services depuis des années : elle a rendu possible l'existence de la fabrique qui s'y trouve et qui compte 200 ouvriers."

Correction : le chiffre de 200 désigne les élèves du leerwerkhuis (apprentis inscrits à l'atelier de formation), et non des ouvriers de la fabrique. Le leerwerkhuis d'Eyne forme 200 apprentis en 1880 — un chiffre considérable pour une commune de cette taille. La fabrique et le leerwerkhuis forment un ensemble interdépendant : l'école professionnelle prépare la main-d'oeuvre de la filature-tissage Vandeputte.

L'administration du leerwerkhuis comprend Ben. Amelot et J. Heyse — "Ben. Amelot" étant vraisemblablement un parent de la mère d'Achille, Eulalie née Amelot. Van den Berghe précise avoir informé ces administrateurs de la situation, et avoir été congédié en conséquence.

La crise se termine par le retrait simultané de la subvention provinciale (décidé par M. De Bleeckere, membre de la députation permanente, lors d'une visite accompagnée du bourgmestre Van der Straeten) et de la subvention communale — les deux représentant à eux deux la moitié des revenus du leerwerkhuis, rendant sa continuation impossible.

Position politique d'Achille dans la Guerre des Écoles

Achille van der Straeten représente la Katholieke Partij au Conseil provincial de Flandre orientale à partir de 1881 (attesté par la thèse Sociale achtergrond van de Gentse sportverenigingen, Universiteit Gent : "zetelde als vertegenwoordiger van de Katholieke Partij in de Oost-Vlaamse provincieraad van 1881 tot 1921"). Sa participation à l'enquête scolaire de 1880 intervient au moment précis où il entre en politique provinciale, dans le sillage direct de la crise scolaire. Sa double qualité d'"industrieel" et de "burgemeester" lui confère une position charnière dans le conflit : représentant de l'État sur le terrain communal, mais catholique convaincu dans l'arène provinciale et nationale.


Le Moniteur belge et la liste des éligibles au Sénat (1893)

Le Moniteur belge du 10 juin 1893 (pages 1766-1769) publie la "Publication des listes des éligibles au Sénat pour l'année 1893-1894". Le préambule définit les critères d'éligibilité : avoir atteint l'âge de 40 ans et payer au moins 2.116,40 francs (soit 1.000 florins) d'impositions directes, patentes comprises.

Achille van der Straeten figure au numéro 64 dans la liste pour la Province de Flandre orientale :

Vanderstraeten, Achiel-Francies-Justien.

Cette entrée révèle son nom complet officiel en forme néerlandaise : Achiel-Francies-Justien (soit Achille-François-Justin en français). À 50 ans, il satisfait pleinement le double critère d'âge et de fortune sénatoriale. La prophétie ironique de De godsdienstige week van Vlaanderen en 1883 est devenue réalité officielle. Parmi les autres éligibles flamands-orientaux on relève les noms des grandes familles catholiques de la province : Goethals, Lippens, Pycke de Peteghem, T'Kint de Roodenbeke, Van den Hecke de Lembeke.

Le Mémorial administratif de la Flandre orientale (1894)

Le Mémorial administratif de la Flandre orientale, volume 156 (1894), publie la liste des contribuables les plus imposés de la province. Achille van der Straeten y figure sous le numéro 161 :

Vanderstraeten, Achiel-Francies, nijveraar, te Eyne. Né le 4 septembre 1843 à Eyne. Biens cadastraux situés à Eyne.

Trois articles cadastraux sont mentionnés : article 754 (revenu cadastral 4.694,60 fr.), article 780 1/2 (3.578,62 fr.) et article 912 3/4 (1.926,78 fr., qualifié "voll." = volledig/complet). Le total de ses contributions directes annuelles s'élève à 12.000 francs et au-delà (12.000 fr. belges de 1894, soit environ 360.000-600.000 €, mars 2026). Le chiffre "(en daarb.)" indique que le seuil de 12.000 francs est un plancher : la contribution réelle était supérieure.

À titre de comparaison, le cens requis pour voter pour le Sénat belge dans les années 1890 était de 42,32 francs par an ; Achille van der Straeten acquittait près de trois cents fois ce minimum. Sa fortune le plaçait parmi les tout premiers contribuables de la province.

Membre du Conseil provincial de Flandre orientale (1894)

Le même volume 156 des Procès-verbaux officiels et Bulletins sténographiques des séances du Conseil provincial, session ordinaire de 1894, publie la liste officielle des membres du Conseil provincial. Achille van der Straeten y figure explicitement :

M. VANDERSTRAETEN, ACHIEL, nijveraar en burgemeester, te Eyne. Arrondissement judiciaire d'Audenaerde, Kanton Audenaerde.

Ses collègues du canton d'Audenaerde sont : M. De Temmerman (Omer), notaire ; M. De Riemaecker (Amandus), avocat ; M. Van den Staepele (Florentinus), propriétaire à Berchem. Le double titre "nijveraar en burgemeester" (industriel et bourgmestre) résume parfaitement sa position sociale : il n'est pas seulement l'homme politique de la commune, il est aussi le principal acteur économique du canton.

Cette source confirme et précise ce que le CLAUDE.md note sous ses fonctions : "Chevalier de l'Ordre de Léopold ; Membre du Conseil provincial". La mention de 1883 dans De godsdienstige week van Vlaanderen ("provinciaal raadslid") indique qu'il siégeait au Conseil provincial au moins depuis cette date, soit plus d'une décennie avant l'attestation officielle de 1894.


Un pionnier de l'automobile

Achille van der Straeten était l'un des premiers à circuler en automobile dans la région, ce qui faisait grande impression. Son chauffeur s'appelait Cyriel Weyts (Westerring).


Décès

9 avril 1921 : décès à Eyne, à 77 ans. Trois ans après son épouse (décédée en 1918 à 64 ans). La reconstruction de la commune et de ses institutions, qu'il avait initiée après la guerre, resta à l'état de projet.


Sources documentaires

Points à vérifier ou développer

Sommaire
Repères chronologiquesJeunesse et formation (1843-1873)Bourgmestre d'Eyne (1873-1921)Le mariage van den Peereboom (1876)Les enfantsLe jubilé des 25 ans de bourgmestriat (1899)La Grande Guerre (1914-1918)La commande SchoormanL'entreprise van der Straeten-Vandeputte et l…La fortune d'Achille : cens, cadastre et Cons…La Guerre des Écoles et le leerwerkhuis d'Eyn…Un pionnier de l'automobileDécèsSources documentairesPoints à vérifier ou développer